Sophie Djetcha

Sophie Djetcha

« Tu n’as pas besoin d’être prête. Tu as juste besoin d’être alignée. Tu es légitime, même si tu doutes. »
Sophie Djetcha Adhérente Femmes des Territoires
Fondatrice de Time to Team
Occitanie, Cahors (46)
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Avec Time to Team, elle tisse des liens dans les territoires en rendant visibles des initiatives extraordinaires.

Depuis son enfance, Sophie Djetcha baigne dans une atmosphère marquée par l’engagement, la défense des droits humains et l’action collective. Son moteur : construire un monde meilleur et encourager les rencontres. Elle a créé Time to Team pour mettre en mouvement les personnes et les idées en favorisant la co-construction et l’intelligence collective dans une approche profondément humaine et engagée.

Que faisais-tu avant de te lancer dans l’entrepreneuriat ?

J’ai commencé ma carrière comme étudiante chercheuse en anthropologie de la santé après des études en droit, sociologie, histoire et anthropologie. À l’époque, je menais des travaux de terrain au Cameroun sur les relations homme-femme à l’épreuve du VIH/sida, sur l’allaitement des femmes séropositives et sur le vécu du traitement antirétroviral. Mais j’ai ressenti très vite le besoin de m’engager concrètement : j’ai alors créé ma propre association et, simultanément à mes recherches, j’ai monté bénévolement des projets associatifs solidaires pour les femmes séropositives sur la base d’une épargne informelle, la tontine, dans l’objectif de les rendre autonomes financièrement.

Mon doctorat en poche, je me suis dirigée vers les politiques publiques, les dynamiques associatives et les dispositifs de solidarité. J’ai ensuite occupé des postes de cheffe de projet puis cheffe de service en ingénierie sociale. Mon rôle était de créer des dynamiques de coopération et de transversalité dans les politiques publiques.

Quel a été le déclic pour envisager un projet en dehors du salariat ?

En tant que salariée, j’aimais développer des projets de grande envergure à partir des besoins locaux, mais je manquais parfois de liberté d’action. J’ai finalement eu envie de créer une structure à mon image, ancrée dans mes valeurs. C’est ainsi que Time to Team est née !

En quoi consiste précisément ton activité de consultante et formatrice en ingénierie ?

J’accompagne les collectivités, associations et structures publiques dans la conception, le pilotage et l’évaluation de projets sociaux et territoriaux. J’interviens aussi en formation sur des thématiques comme la gouvernance associative, la participation citoyenne, la dynamique de groupe ou la facilitation. Ma mission est d’accompagner les acteur·rice·s qui, comme moi, croient au pouvoir du collectif et à la force du changement.

Peux-tu nous parler de ton initiative innovante de pair-aidance ?

C’est en effet l’un des piliers de mon approche. La pair-aidance repose sur cette conviction : nous avons tout à gagner à apprendre les un·e·s des autres. Cela se traduit dans mes accompagnements par la formation de groupes de soutien entre pairs et de partages d’expériences. La pair-aidance permet de sortir de l’isolement, de valoriser les compétences de chacun·e et de construire une dynamique de transmission. C’est une manière puissante de renforcer la confiance, l’autonomie et la solidarité dans les projets que j’accompagne.

Quel est ton objectif aujourd’hui?

Mon objectif est de créer des espaces où l’intelligence collective, l’engagement et la solidarité permettent de tisser des liens forts et durables. Je développe des outils et des accompagnements sur mesure pour que chaque acteur·rice puisse expérimenter, s’épanouir, accroître ses compétences et contribuer à un monde plus juste et plus humain. En chemin, nous célébrons nos réussites, nous apprenons de nos erreurs et nous grandissons ensemble.

Quel est l’impact RSE de tes actions ?

Chaque action que je mène est pensée dans une logique de responsabilité sociale, territoriale et environnementale. J’ai, par exemple, avec deux associations de femmes, initié une rencontre institutionnelle partenariale  pour la journée de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre 2024 intitulée « Les femmes qui font bouger le Lot ».

Des femmes – certaines victimes, d’autres en situation de précarité -, étaient présentes. L’idée d’un projet, nommé « Passerelles », est née pour créer des ponts et apporter une réponse supplémentaire aux missions d’accompagnement existantes. L’objectif est de favoriser l’autonomisation et la résilience des femmes victimes de violences conjugales et intrafamiliales.

Quelles difficultés as-tu rencontrées dans ton aventure entrepreneuriale ?

Mon plus grand défi est d’opter pour une approche globale de mon parcours. On ne peut pas scinder ses vies : le pro, le perso, le familial s’entrecroisent et parfois s’entrechoquent. C’est une question systémique qui demande à être étudiée et accompagnée pour soulager la charge mentale et le poids des responsabilités qui pèsent souvent sur les femmes.

En tant que famille monoparentale, l’un de mes prochains défis est de travailler à l’interconnexion de ces vies pour y puiser du sens et de la richesse. Le passage de salariée à entrepreneuse a aussi été un véritable tournant. On passe de la sécurité à l’incertitude. Cela m’a demandé de déconstruire certaines croyances, de faire face à mes doutes et de me reconnecter à ma propre légitimité.

Comment as-tu relevé ces défis ?

J’ai activé plusieurs leviers : le réseau, notamment Femmes des Territoires, la formation continue, et surtout, le collectif. J’apprends progressivement à demander de l’aide, à m’entourer, à construire des espaces de soutien.

Aujourd’hui, je transmets cela dans mes accompagnements : personne ne réussit seul·e. Interconnectées, nous faisons humanité ensemble : c’est le message de l’Ubuntu, une valeur philosophique africaine que j’expérimente au quotidien, dans toutes les sphères de vie.

Tu es coordinatrice de l’antenne de Cahors de Femmes des Territoires. Pourquoi t’investir dans ce rôle ?

J’ai beaucoup reçu et j’ai maintenant envie de donner en retour. Ce réseau m’a portée quand je lançais mon entreprise : j’y ai trouvé du soutien, de la bienveillance et de l’inspiration. En tant que coordinatrice, je souhaite créer un espace où les femmes peuvent oser, tester, échanger et se sentir légitimes d’entreprendre, quel que soit leur parcours. C’est une manière de tisser du lien, de faire grandir la société et de semer des graines d’audace collective.

Quels mots choisirais-tu pour encourager une femme à se lancer ?

Tu n’as pas besoin d’être prête. Tu as juste besoin d’être alignée. Tu es légitime, même si tu doutes. Et surtout, tu n’es pas seule. Entoure-toi, cherche le soutien, partage tes victoires comme tes fragilités. L’entrepreneuriat est un chemin personnel autant que professionnel. Et si tu crées quelque chose qui te ressemble, tu es déjà en train de réussir !

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